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Election présidentielle demain en Guinée

Prévue demain, la présidentielle Guinéenne cristallise les attentions, à cause de la violence qui a rythmé la campagne électorale. La personnalité des 8 candidats est presque relevée au second plan à cause de la tension qui règne dans les grandes villes.

 

À la veille de la présidentielle Guinéenne, la ville de Conakry est dans une situation où règnent l’incertitude et la peur. En fin de matinée hier, l’ambiance a radicalement changé en quelques minutes, révèle Rfi. On a alors pu voir les partisans de la mouvance présidentielle et ceux de l’opposition, notamment de Cellou Dalein Diallo, se faire face, s’invectiver, se jeter des pierres, voire se battre. Certains sont armés de bâtons, de barres de fer. Les Forces de l’ordre, police, armée, gendarmerie, circulent à grande vitesse, bloquent certains axes, cherchent bien évidemment à contrôler la situation. Ces heurts ont fait deux morts.

 

C’est un processus presque normal sur ce continent. En Afrique, la tenue d’une élection ressemble bien sûr à la traversée d’un champ de mines à minuit. À l’aube de chaque scrutin, les citoyens sont tétanisés. Alors qu’une élection est un banal rendez-vous entre un Peuple et ceux qui aspirent à le diriger.  En Guinée, les hommes politiques jouent un jeu dangereux en attisant les clivages ethniques. En 2010, ce pays a échappé de peu à une guerre politico-ethnique. Le Président sortant, Alpha Condé, a surfé sur les divisions pour renverser une situation improbable. Il a réalisé son rêve. À quel prix?? Certains Guinéens ont dû faire le deuil de leurs enfants pendant qu’il fêtait dans l’allégresse son accession à la tête de l’État après un deuxième tour contesté.

 

Aujourd’hui, la Guinée doit poursuivre davantage la rédaction de son histoire démocratique. Sans se soucier des clivages ethniques. Après avoir connu la dictature, le parti unique, la parenthèse tragique de Dadis Camara, les Guinéens doivent se battre pour imposer leur choix sans se préoccuper de l’appartenance ethnique des huit candidats. Dans tous les pays, la diversité est une richesse et non une malédiction qui doit provoquer le chaos. Ces hommes politiques, qui soufflent sur les braises, seront les premiers à abandonner le pays pour chercher un asile dans des pays qui ont parié sur la démocratie. Et la Paix sociale. Et le développement économique.

 

8 candidats en lice

 

Depuis 57 ans, les Guinéens sont accablés par la pauvreté, la corruption, la répression. L’élection de Condé laissait entrevoir une Guinée démocratique et prospère. Mais, il y a comme une malédiction qui escorte la présidence de vieux opposants africains qui sont devenus chefs d’État. Alpha Condé a connu la persécution sous les régimes dictatoriaux de Sékou Touré et surtout de Lansana Conté. Arrivé à la présidence, il a mis sous boite tous les principes pour lesquels il se battait et qui l’ont conduit à l’exil. L’opposition « muselée » a demandé en vain le report de la présidentielle, l’ouverture d’un dialogue pour permettre une élection apaisée. Les reproches?? L’implication de l’Administration, l’indépendance de la Ceni, le fichier électoral qui ne serait pas fiable, le dernier recensement de la population guinéenne, la caution jugée élevée. Le professeur est resté sourd à ces questions, a continué à mener sa campagne. Alors que ces questions constituent les germes d’une contestation postélectorale. Et souvent, c’est la période où naissent les violences les plus meurtrières comme en Côte d’Ivoire en 2010.  Et Gbagbo a fini à la Cpi.

 

Auteur: Bocar Sakho – Lequotidien

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