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L’HISTOIRE DE SEÏF EL ISLAM, LE FILS DE KHADAFI, A PRESENT LIBRE ET CONVOITé – IMAGE

Safia Farkash, veuve de Mouammar Kadhafi, semble avoir reçu de bonnes nouvelles pour l’Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan. Mercredi 6 juillet, France 24 a annoncé, par l’intermédiaire de l’un des avocats de Saïf Al-Islam Kadhafi, que son fils est désormais libre.

Le dauphin putatif du Guide libyen était détenu par une milice de Zintan, depuis sa capture en octobre 2011, après la chute du régime. L’information a été confirmée au Monde par Khaled Zaydi, un autre avocat de Saïf Al-Islam, qui précise que M. Kadhafi serait libre « depuis avril ».

SEIF NICE

Le fils du colonel Kadhafi, Seïf El Islam, a été libéré hier, le 06 juillet. L’information, annoncée par la chaîne d’information France24, indique que cette libération a été décidée par le gouvernement libyen de Consensus national dans le cadre du processus d’amnistie nationale. La remise en liberté a été confirmée par ses avocats.

Il avait été condamné par un tribunal de Tripoli pour « crimes contre l’humanité ».

Selon Me Zaydi, l’ancien ministre de la justice libyen a ordonné sa libération le 10 avril. Deux jours plus tard, le chef d’une des plus importantes brigades de Zintan, Al-Ajmi Al-Atriti, aurait effectivement libéré le précieux détenu. « Il a été libéré mais je ne peux pas vous dire où il est », ajoute un proche du dossier.

Selon plusieurs sources, Saïf Al-Islam Kadhafi circule librement à Zintan depuis septembre 2015. D’autres affirment qu’il y possède « une maison confortable, où il vivrait avec une nouvelle épouse et leur fille de 3 ans ». Pas tout à fait libre, mais loin du récit alarmiste de ses conditions de détention relayé par ses soutiens après sa capture.

Pays fracturé

Cette libération surprise, qui n’a pas pu être vérifiée ni par une source officielle libyenne ni par des images récentes, renvoie à la fracture du pays entre deux gouvernements, l’un installé à Tripoli, l’autre dans l’Est (à Bayda, près de Tobrouk), et donc deux systèmes judiciaires concurrents. En dépit de l’annonce de la formation d’un gouvernement national, le 30 mars, la division dure depuis 2014.

Jugé avec trente-sept autres figures du régime par un tribunal de Tripoli, l’ancien numéro deux du pouvoir libyen avait été condamné à mort le 28 juillet 2015, mais la peine n’a pas été exécutée. Et pour cause : la milice de Zintan le détenait en dehors de tout cadre légal et a toujours refusé de le remettre à la justice.

Deux mois plus tard, le Parlement de Tobrouk, « reconnu par la communauté internationale » mais pas par le gouvernement concurrent de Tripoli, votait une loi d’amnistie. Elle s’applique aussi à la famille Kadhafi, assurait un avocat de M. Kadhafi, lors d’une conférence de presse à La Haye, fin juin.

Cette libération n’aurait aucune valeur juridique pour le tribunal libyen…

Aux yeux des autorités judiciaires libyennes de Tripoli, cet affranchissement n’aurait aucune valeur juridique. Le « gouvernement d’union nationale » dirigé par le premier ministre Faïez Sarraj est activement soutenu par les Nations unies (ONU) et les capitales occidentales. Légaliste, ce nouveau cabinet a débarqué à Tripoli, le 30 mars.

D’après Mehdi Bouaouaja, le ministère de la justice s’estime comptable du jugement du 28 juillet 2015. Cette condamnation fait d’ailleurs l’objet d’un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême, qui ne s’est pas prononcée, rappelle l’avocat qui réclame la libération de son client, Baghdadi Ali Al-Mahmoudi, premier ministre au moment du déclenchement de la guerre civile. « Si Saïf Al-Islam est libéré, mon client doit l’être aussi. »

Reste le droit international

Plusieurs médiations internationales sont en cours pour obtenir, à défaut d’un règlement politique, des mesures de confiance qui mettraient fin au désordre libyen. L’Arabie Saoudite, Oman et le Qatar ont ainsi multiplié les tentatives jusqu’à ce mois du ramadan qui vient de s’achever. Sans résultat apparent.

La libération de détenus fait théoriquement partie des gestes qui pousseraient encore plus révolutionnaires et kadhafistes sur la voie du dialogue. Beaucoup saluent le geste « humanitaire » des autorités de la ville de Baïda, qui ont accepté le retour de Safia Farkash. La veuve de Mouammar Kadhafi a pu regagner, sans sa fille Aïcha, sa ville natale, après un exil en Algérie puis à Oman.

 

La Rédaction

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