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LE TUEUR DE NICE N’ETAIT PAS PRATIQUANT ; IL ETAIT VIOLENT ET BUVAIT DE LA BIERE

Né le 31 janvier 1985 à Msaken dans la banlieue de Sousse (Tunisie), ce Tunisien avait épousé une Niçoise franco-tunisienne et était père de trois enfants dont un bébé. Le couple affichait des tenues vestimentaires occidentales, selon tous les témoignages recueillis par l’AFP. L’homme « n’avait jamais fait l’objet de la moindre fiche ni du moindre signalement de radicalisation », a précisé vendredi le procureur de Paris François Molins.

Le site internet du premier quotidien francophone de Tunisie, La Presse, a précisé qu’il avait quitté la Tunisie pour la France en 2005 et aurait régularisé sa situation l’année suivante. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel ne fréquentait jamais la petite mosquée en contre-bas de la cité périphérique du nord de Nice où il vivait avec son épouse avant leur séparation et il buvait des bières, selon les dires de plusieurs membres assidus de « l’Association cultuelle de Nice Nord ».

« Jamais vu à la mosquée »
« Il n’est pas soumis à Dieu, je ne l’ai jamais vu à la mosquée », déclare un gardien d’immeuble de ce quartier, attablé au restaurant attenant à la salle de prière. A ses côtés, trois musulmans pratiquants aux longues barbes, rivés à une chaîne d’information en continu, confirment. Il était en revanche « connu des services de police et de justice pour des faits de menaces, violences, vols et dégradations commis entre 2010 et 2016 », a précisé le procureur de Paris.

Le 24 mars, il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Nice à six mois de prison avec sursis pour des « violences volontaires avec arme » -une « palette »- commises en janvier, lors d’une altercation liée à un accident de la circulation, selon un communiqué du ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas.

« Très violent avec sa femme »
Un habitant de son ancienne barre d’immeuble « Le Bretagne », où le tueur vivait au 12e étage avec son épouse mais en était parti depuis environ 18 mois, dresse pour sa part un profil d’homme déséquilibré. « Je ne crois pas du tout à un problème de radicalisation, je pense plutôt que ça relève de la psychiatrie », a-t-il commenté. « Il faisait des crises. Quand il s’est séparé de sa femme il a déféqué partout, trucidé le nounours de sa fille à coup de poignard et lacéré les matelas », détaille-t-il.

« Son épouse avait demandé le divorce suite à une altercation violente », raconte-t-il. « Un jour, il était venu chercher les voisins pour qu’on constate qu’elle n’avait pas fait la vaisselle », se souvient-il à propos de cet homme « fermé » qui ne décrochait pas un mot dans l’ascenseur.

Il pratiquait la musculation et les combats
Plus pudiquement, le gardien d’immeuble qui connaissait le couple parle d’un homme pratiquant la musculation et les combats, « très violent avec sa femme », une Franco-tunisienne plutôt timide et gentille qui a grandi dans le quartier. La jeune femme, que les policiers sont venus interpeller vendredi matin pour la placer en garde à vue, avait accouché de son troisième enfant après le départ de son mari, selon plusieurs habitants du quartier.

A la pharmacie de quartier, les employés tombent pourtant des nues, en évoquant « un couple jeune et moderne » et décrivant l’époux comme « quelqu’un de posé ». Selon un autre commerçant, l’homme exerçait une activité de chauffeur-livreur. Une perquisition a eu lieu vendredi à son dernier domicile situé dans un petit immeuble de quatre étages d’un quartier populaire de l’est de Nice, où il vivait en célibataire depuis la séparation du couple.

La porte de l’appartement du premier étage était fracassée et grande ouverte vendredi matin, alors que des membres de la police scientifique en combinaison y recueillaient encore des indices, a constaté l’AFP. Une dizaine de voisins interrogés l’ont décrit comme « solitaire » et « silencieux ». Sébastien le voyait souvent garer son petit camion de livraison pour rentrer déjeuner à la maison, le plus souvent en short et parfois équipé de chaussures de sécurité. Sa voisine de palier, Alexia, dit lui avoir parlé une seule fois. A l’étage supérieur, une famille nombreuse soulignait que le jeune homme ne répondait jamais à leurs salutations.m

L’auteur de la tuerie de Nice (sud-est de la France), avait fait une dépression au début des années 2000 et n’avait pas de lien avec la religion, a affirmé à l’AFP son père en Tunisie.

« De 2002 à 2004, il a eu des problèmes qui ont provoqué une dépression nerveuse. Il devenait colérique, il criait, il cassait tout ce qu’il trouvait devant lui », a déclaré Mohamed Mondher Lahouaiej-Bouhlel devant son domicile dans la ville de Msaken, dans l’est de la Tunisie.

Il raconte que la famille avait alors emmené Mohamed Lahouaiej-Bouhlel chez le médecin qui lui avait prescrit des médicaments pour lutter contre ces crises nerveuses. Il a décrit un homme « toujours seul, toujours déprimé » et qui ne voulait pas parler.

Cheveux blancs et visage tendu, le père de l’auteur du massacre du 14 juillet a affirmé que sa famille en Tunisie n’avait quasiment plus eu de contact avec lui après son départ en France. Il n’a pas pu indiquer à quelle date son fils était parti vivre dans ce pays. « Quand il est parti en France nous ne savions plus rien de lui », a-t-il insisté.

Selon lui, son fils, n’avait « aucun lien avec la religion ». « Il ne faisait pas la prière, il ne jeûnait pas, il buvait de l’alcool, il se droguait même », a-t-il raconté. « Nous sommes aussi choqués » par ce qui est arrivé, a ajouté le père de l’auteur de la tuerie de Nice.

La Rédaction

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