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MACKY VA T IL SANCTIONNER SES « AMIS » ET PARTISANS FRAUDEURS ?

«Je ne protégerai personne, je dis bien personne. L’assainissement de l’environnement des affaires et la lutte contre la corruption et la concussion me tiennent à cœur. Je mets à ma charge l’obligation de dresser les comptes à la Nation et d’éclairer l’opinion sur l’état des lieux.

Je compte restituer aux organes de vérification et de contrôle de l’Etat la plénitude de leurs attributions. Gouverner autrement, c’est bannir les passe-droits, le favoritisme et le trafic d’influence tout en traitant tous les citoyens avec la même dignité et le même respect». C’est en ces termes que s’est exprimé le président de la République, Macky Sall, lors de son discours à la nation, le 5 avril 2012. Dès son accession à la magistrature suprême, il s’est engagé, de manière ferme, à œuvrer pour la transparence dans la gestion des affaires publiques. Dans les mêmes circonstances, le chef de l’Etat a appelé ses proches collaborateurs à assumer leur part de responsabilité dans la gestion des deniers publics. Aujourd’hui, le premier rapport public 2014-2015 de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) n’est pas sans rappeler ces engagements du Président Sall.

Se pose dès lors la question de savoir quelle sera la suite qui sera réservée à ces manquements relevés par Nafy Ngom Keïta et ses collaborateurs, dans l’utilisation des fonds publics. En effet, certains dossiers ont été transmis au procureur de la République, qui, soutient-on «agit sur instruction du ministre de la Justice», pour l’ouverture de poursuites contre les auteurs désignés par les gendarmes de la corruption, comme il en a été le cas avec les autres corps de contrôle. Mais le «manque de volonté politique» a toujours profité aux prédateurs de l’économie qui jouissent de la pleine protection du chef. En effet, les révélations faites par l’Ofnac présentent une certaine particularité car les personnes épinglées sont toujours en service, ce qui n’est pas le cas pour d’autres rapports qui ont pointé la gabegie commise par des personnalités ayant déjà quitté leurs fonctions. De plus, tous les dignitaires de l’actuel régime cités sont de proches collaborateurs du chef de l’Etat. Va-t-il aller jusqu’au bout de sa logique en ordonnant que des sanctions soient appliquées à ces derniers? Difficile d’y répondre avec certitude.

Depuis plus de dix ans, les rapports d’audit des différents corps de contrôle de l’Etat (Cour des comptes, Ige, Armp, Igaj…) dénoncent les mêmes faits, à savoir : «Détournement de deniers publics, surfacturations, malversations, escroquerie portant sur des deniers publics, cumul de fonctions incompatibles», entre autres. Malgré les dénonciations, recommandations et demandes de sanctions judiciaires ordonnées, les pratiques scandaleuses qui encadrent la gestion des finances publiques continuent. En dernière analyse, l’Ofnac qui ne dispose d’aucun pouvoir coercitif ne peut que compter sur la diligence du chef suprême pour que son rapport ne soit pas rangé dans les tiroirs de l’oubli éternel.

La Rédaction

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