L’AFP: CHRONIQUE D’UNE DÉCADENCE POLITIQUE LA RANÇON SÉVÈRE DES ERREURS POLITIQUES…. ( 2ème partie) – PAR MOUSSA N’DAO

Partie II – La déconfiture surprenante de l’AFP à la présidentielle de 2007 sur fond de contestations et d’accusations de fraudes massives contre le pouvoir va laisser un goût amer aux militants, susciter un climat d’instabilité en interne et de réelles inquiétudes quant aux capacités du parti à conquérir le pouvoir.

Malheureusement, le boycott systématique et planifié des législatives dans la foulée par l’opposition significative se révélera être une option fatale qui lui priva d’une tribune légitime et populaire d’expression et constitua un boulevard d’opportunités pour Wade devenu entre temps l’apôtre de la transhumance.

Niass, bon stratège et en parfaite intelligence politique, appréhende sans équivoque que la politique de la chaise vide ne saurait prospérer dans un environnement socio-politique instable face à un pouvoir libéral qui ne s’embarrasse point d’orthodoxie pour anéantir ses adversaires. Qui plus est, considérant que la nature a horreur du vide pour reprendre Leibniz, le leader progressiste en osmose avec le reste de l’opposition jettent les bases des »assises nationales » pour non seulement constituer un contre-pouvoir efficace face à la gouvernance de Wade jugée catastrophique mais aussi endiguer la spirale transhumante dans leurs rangs.

En effet, le rouleau compresseur dévastateur de la transhumance parrainée et théorisée par le pape du sopi commençait à faire des razzias aux dégâts collatéraux immenses. Après le succès sans bavure de la coalition de l’opposition sous l’égide de Benno Siggil Sénéga -BSS- lors des élections locales de 2009, les démons de la division s’emparent du bloc à la veille de la présidentielle de 2012 avec des fissures impossibles à colmater suite à la bataille féroce du leadership entre les deux frères ennemis, le PS et l’AFP.

Le Benno implose favorisant ainsi la candidature plurielle qui sera fatale à Moustapha Niass avec un score de 6% approximativement. Et en bon faiseur de roi, il va contribuer grandement à l’élection de Macky qu’il va adouber.

Deuxième bourde Grisé par les privilèges octroyés en guise de récompense méritée pour son soutien indéfectible à l’APR avec cerise sur le gâteau le poste de président de l’Assemblée Nationale, Niass en oublie qu’il est le président d’un parti renonçant ainsi à la conquête du pouvoir.

Son numéro 2, El hadji Malick Gackou qui est en délicatesse dans le gouvernement ne jouit pas manifestement de son soutien ce qui amène ainsi ce dernier à jeter l’éponge préférant garder sa dignité plutôt que de se couvrir d’opprobre. Pourtant, nonobstant toutes les couleuvres avalées l’enfant prodige de la banlieue est restée fidèle à son mentor.

Hélène Tine, la tigresse du parti, est jetée aux orties mise en quarantaine telle une pestiférée la contraignant ainsi à la sortie malgré les énormes services rendus et tous les sacrifices consentis à l’organisation. Le parti sombre dans une léthargie profonde pendant que le découragement et la désillusion gagnent les rangs des militants.

Les lucides plient bagages, les nostalgiques restent en croyant pouvoir sauver l’essentiel mais c’était sans compter avec les faucons déterminés à conserver leurs prébendes en buvant le calice jusqu’à la lie menant ainsi leur leader à l’échafaud.

Troisième bourde – L’homme de Keur Madiabel semble avoir perdu de vue trois principes sacro-saints, socle des grands partis politiques à savoir que la vocation d’un parti politique est de permettre à son leader d’accéder à la magistrature suprême, la massification toute azimut un instrument d’élargissement et de solidification des bases de l’organisation et la fidélisation des militants par son attractivité, son offre et ses ambitions politiques. Malheureusement, dans l’euphorie du compagnonnage avec les beige-marron Niass du haut de ses soixante quatorze ans fait table rase de tout cela.

Non content d’avoir renoncé à toute ambition présidentielle, il proclame à haute et intelligible voix qu’aucune candidature sortie des rangs progressistes ne saurait bénéficier ni de son onction encore moins de sa bénédiction tant que Macky est pouvoir. C’est faire hara-kiri sans le savoir…

Un profond malaise naît dans les rangs du parti car des responsables à l’image de Gackou voient dans cette sortie inattendue et malheureuse une volonté farouche de patrimonialisation du parti et un désir inavoué de sacrifier les miliants sur l’autel de ses intérêts crypto-personnels. Ainsi, en signant un bail à long terme avec l’APR Moustapha Niass a fait le pari de la participation responsable s’aliénant par conséquent la sympathie du peuple durement éprouvé par les dures réalités de la vie…

à suivre, la 3ème et dernière partie

La Rédaction

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