CRIMINOLOGIE AU SÉNÉGAL : UN CADRE POLITIQUE SORT DES ESQUISSES D’EXPLICATIONS ET PRÔNE DES SOLUTIONS

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LA SOCIOLOGIE DE LA VIOLENCE RAMPANTE AU SÉNÉGAL – PAR MAMADOU FALL

Le Sénégal est en passe de devenir le pays le plus criminogène de l’espace CEDEAO.Il ne se passe pas un jour sans que le sang d’un sénégalais ne soit versé dans des conditions qui dépassent souvent notre entendement.

Tout le monde s’interroge : que se passe t-Il ?

Pour comprendre le phénomène il faut creuser au fond de notre vécu quotidien et comprendre les mutations d’une société où les gens sont pressés d’assouvir leurs besoins vitaux par n’importe quel moyen.Cela résulte d’un climat d’intolérance et de concurrence qui éliminent en nous les concepts de SOUTOURA ,YEURMANDE ,
TERANGA conçus en nous comme un patrimoine culturel immatériel .

Notre société est extravertie par des phénomènes que nous n’osons pas affronter, des phénomènes dont nous n’avons et n’osons toujours pas débattre entre nous et se dire la vérité.
La jeunesse sénégalaise est exposée par 02 phénomènes qui sont le lit de la violence: la LUTTE AVEC FRAPPE et les NAVETANES.

La lutte avec frappe est le sport dit « national » qui constitue le grand paradoxe du Sénégal.Deux mastodontes dotés par la nature se battent, nus,  sans scrupule sous les yeux admirateurs d’un ministre ou du chef du gouvernement dans un pays qui a ratifié toutes les conventions et traités internationaux sur les droits de l’homme. Souvent l’événement est symbolisé du patronage de l’institution étatique du Sénégal ; chacun a son lutteur, chaque quartier a son lutteur, les autorités politiques se disputent les lutteurs.

Parfois c’est le Président de la République qui les reçoit en grande pompe avec espèces dominantes et trébuchantes. Souvent un lutteur interrogé reconnaît que si ce n’était la lutte, il allait devenir agresseur.
Ce sport est entrain de scier les fondamentaux de notre société mais personne n’ose piper mot. Le fait de constater qu’à l’occasion des confrontations PIKINE n’aime pas GUEDIAWAYE, PARCELLES n’aime pas PIKINE est un fait dangereux. La banlieue est déchirée par la lutte. Personne n’ose dépasser les frontières. Ce sentiment de haine conjugué aux faramineuses sommes d’argent payés aux lutteurs tisse les germes de la violence dans un pays où le jeune à l’école dorénavant rêve de devenir Roi des Arènes plutôt qu’un magistrat, un commissaire de police, un professeur.Le GUIMB vaut plus que la toge au Sénégal.

Derrière ce phénomène il n’y a aucune convention ni éducation. On aurait pu au moins dire aux enfants que ce sport est pratiqué par des professionnels et qu’il faut jamais le pratiquer à la maison, dans la cour de l’école. Que nenni.

Même les outils didactiques de l’école sénégalaises portent les effigies de nos lutteurs. Fondamentalement rien n’est reproché aux lutteurs mais à l’État qui devrait encadrer ce sport. J’aurais applaudi des deux mains si les lutteurs débutaient les Vacances Citoyennes par des activités d’ordre communautaires comme le fait si bien BALLA GAYE II qui parcourt à chaque fin de saison le sud du pays pour porter le message de la paix en Casamance.

Ce sont des jeunes à encadrer parce qu’ils ont du monde derrière eux qu’ils ne maîtrisent pas souvent.

Le phénomène des Navétanes aussi pose problème. Ce n’est que de la violence.Les matchs se terminent souvent par des rixes entre supporters ; parfois avec mort d’homme.
Les politiciens en mal de solution endorment notre jeunesse dans ces phénomènes qui économiquement ne nous apportent rien et tisse la violence physique dans notre société. Seule une minorité en tire profit .

Ces faits combinés à la violence verbale que se livrent nos politiciens au quotidien face à un régime qui frappe son opposition en plein jour à coup de lacrymogène font du Sénégal un pays de violence. La solution n’est pas du ressort des forces de police qui abattent un travail remarquable. Nous avons l’une des meilleures polices au monde mais hélas les moyens de fonctionnement font défaut.

La solution pour stopper cette tendance à la violence viendrait de l’introspection de tout un chacun. Il faut systématiquement briser les chaînes de haine et de méfiance qui nous habite et cultiver l’amour en soi et chez les autres comme nous l’avaient inculqué nos ancêtres. Il faudra que les politiques arrêtent de profiter de la misère de la jeunesse en les exposant à travers des activités qui souvent se terminent dans la violence.

Que chaque père de famille joue sont rôle d’éducateur et d’être regardant sur les moindres actes des enfants.

Les TIC aussi ne sont pas en reste. L’accès à l’internet pour tous est un danger. Notre jeunesse n’est pas préparée à l’usage du Net à bon échéant. L’état a le devoir d’encadrer l’utilisation du net par les enfants de moins de 18 ans. Les réseaux sociaux sont l’espace de discussion où les mal intentionnés développent leurs stratégies de perversion et de banditisme en enrôlant des jeunes souvent innocents.

L’État doit être ouvert au dialogue pour donner à notre chère Nation son lustre d’antan. Je prône :

LES ASSISES SUR LA SÉCURITÉ AU SÉNÉGAL.

Ce sera une occasion pour permettre à toutes les composantes de notre pays de s’asseoir et de se dire la vérité. Regardons nous en face et disons nous la vérité, car NOUS SOMMES TOUS COUPABLES.

 

La Rédaction

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